Exposition du 12 septembre au 13 octobre 21012, Galerie 1900-2000, 8 rue Bonaparte, Paris, 6e 

 

 « Ce qui fait le collage, c’est l’envie d’aller vers l’inconnu », nous dit François-René Simon. Assurément, cette exposition de collages nous ouvre, par chacune de ses images, une fenêtre sur des rencontres rêvées où paraissent, se cachent et réapparaissent des personnages, des objets, des paysages qui s’assemblent pour une histoire qui reste à inventer. Fantômas, une sirène, des papillons, des dés, des cartes à jouer font signe, se dessinant sur fond noir, comme les inventions de Méliès s’animaient jadis sur l’écran du cinéma. De dimensions plutôt réduites (de 22 x 17cm pour « Le Nautile » à 48 x78 cm pour « le Chant des baleines ») ces images invitent le visiteur à s’approcher d’elles, à se les approprier, créant un lien d’étrange intimité. Bien entendu à chacun de se laisser capter selon son penchant. La réapparition d’une même figure dans plusieurs collages de 2011 m’a particulièrement intriguée : de forme ronde, comme en terre cuite, un visage –sans doute de dieu marin antique – barbu, la bouche ouverte, pour laisser passer l’eau aussi bien que les mots, hante « Le Fulgore porte-lanterne », « La Vie secrète des arbres », s’immisce dans « Les Oiseaux du silence » et semble détenir « La Réponse » d’une sidérante question. Ne porte-t-elle pas la voix mélancolique et tendre du passé ?

Lire:  Marie Claire Dumas sur le site Doucet Littérature.

 

Lire également l'article de  Frérérique Roussel: "Les jeux de ciseaux d’Aube Elléouët" dans Libération du 24 septembre 2012.